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Petra eo ar blog-se ?

Pendant longtemps ce blog a été le blog du comité du Trégor-Goelo de la Gauche Indépendantiste Bretonne.La Gauche Indépendantiste Bretonne est en restructuration.Elle se dotera sans doute de nouveaux moyens de communication. Les anciens textes seront laissés comme archives. Ce blog devient celui de son seul animateur, par ailleurs militant de la gauche indépendantiste.Rennes le 20 octobre 2009.





E-pad pell eo bet ar blog-se hini komite Emgann bro dreger-goeloù.Emañ an tu-kleiz evit Breizh Dizalc'h oc'h en em adframmañ.Moarvat en do ar strollad nevez e doareoù kehentiñ.An testennoù kozh a chomo evel dielloù . Dont a ra ar blog mañ da vezañ adalek hiziv hini e vuhezour a chom feal da vreizh dieub ha sokialour.. Roazhon, d'an 20 a viz Here 2009.

Texte Libre

 

 

 

6 septembre 2005 2 06 /09 /septembre /2005 00:00

 

 Arno Vannier a retrouvé la liberté au cours de l'été, nous nous en réjouissons bien sur, mais nous n'oublions pas notre camarade Krisitan Georgeault toujours incarcéré à Paris ni Paskal Laizé interdit de séjour en Bretagne. L'article qui suit est extrait de "Combat Breton" numéro 9. abonnez vous !

 

 

 

                                                         

 

« Ils ne sont pas combatifs…, ils sont brisés… » C’était le nouveau refrain de la presse à propos des Bretons qui ont été jugés à partir du premier juin aux cotés de Basques dans le cadre du procès dit de « Plévin ». Bien sur nous sommes habitués aux raccourcis journalistiques, à leurs excès, et même un peu blasés après les tonnes de contre-vérités, pour reprendre un terme juridique, que certains assènent sur les prisonniers politiques Bretons. Nous faisions partis des dubitatifs, et certains d’entre nous ont eu le privilège d’assister le 22 juin dernier à l’audience de la cour d’assises spécialement composée qui ce jour là examinait la personnalité de notre camarade Kristian Georgeault et sa prétendue implication dans ce vol. Et ce jour là c’est bien un Kristian des plus combatifs, des plus résistants que nous avons vu dans le box. « Droit dans ses bottes » comme le dira lui-même le président de la cour d’assises. Dans la lutte pour la liberté il n’y a ni héros, ni martyr, juste des camarades…C’est vrai…Pourtant, tout le monde n’a pas eu la chance de côtoyer Kristian et de pouvoir dire « Oui Kristian est mon camarade », et bien sur encore moins ont assistés à cette audience du 22 juin. Alors, n’en déplaise au principal intéressé dont la modestie naturelle s’en trouvera un peu froissée, mais j’avais envie de vous dresser un portrait de Kristian. Pour tordre le coup à quelques légendes et commérages…en toute camaraderie, bien sur, et sans sombrer dans l’éloge funèbre car nous savons qu’il est  plus vivant, souriant et combattant que jamais !….

Kristian est né en 1955 à Fougères. Une ville ouvrière, comme sa famille, une ville Bretonne, « à la frontière » comme il aime à le dire…Un environnement expliquera-t-il à la cour qui très tôt lui éveillera la conscience de classe, et la conscience nationale bien sur. Cela expliquera qu’il n’aura de cesse à l’age venu de consacrer son temps et son énergie à ces deux causes.

 

 

 

Le militant politique.

 

 

 

 

 

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A l’age de 20  ans il rejoint les rangs de l’Union Démocratique Bretonne, il en démissionnera avec beaucoup de camarades de sa section juste avant que l’on ne l’en expulse comme cela ce pratiquait à cette époque. Son principal désaccord portait sur la ligne politique de ce parti vis à vis de la violence révolutionnaire et du soutien aux prisonniers politiques Bretons. Comme beaucoup de jeunes nationalistes Bretons de sa génération il gravitera dans la mouvance des COBAR (Comités Bretons Anti-Répression) et des KAD (Kuzulioù An Distaoliadeg, Comités pour l’amnistie). En 1985 il rejoint Emgann dont le sous titre à l’époque est « Mouvement Breton de libération nationale pour le socialisme autogestionnaire » ! Nul doute, que cela correspond bien à son désir de lier combat breton et lutte de classes, et que cela correspond aussi à son tempérament quelque peu libertaire. Il prendra des responsabilités au sein du mouvement au cours des années et fut élu secrétaire aux affaires intérieures. Mais c’est surtout un militant de terrain qui ne loupait pas une manif pour la défense de l’environnement, contre les enfouissement de déchets, conte le Front National, contre l’armée française…En 1992 il participera aux élections cantonales  sous les couleurs d’Emgann et passera devant le candidat du Parti Communiste Français. Il sera un des six candidats d’Emgann , affirmant pour la première fois son option indépendantiste, lors des législatives de 1993. Nos six candidats se présentant sans bulletin ni profession de foi pour dénoncer la farce électorale française et cette pseudo-démocratie. Alors que certains sont « rangés des bécanes » ou rasent les murs après deux ou trois gardes à vue lui réaffirmera de avant la cour d’assises spéciales son appartenance à Emgann-Mouvement de la Gauche Indépendantiste.

 

 

 

Le militant culturel

Bien que haut-Breton il comprend bien vite la dimension nationale de la langue Bretonne dans notre combat et c’est à « Stourm Ar Brezhoneg » qu’il consacrera du temps. Cette organisation pratiquait des barbouillages massifs nocturnes de panneaux routiers monolingues aux quatre coins de Bretagne. C’était dans les années quatre-vingts, une période de désillusion pour les gogos régionalistes, vous savez les mêmes qui nous ont fait croire (ou essayer de faire croire !) que LeDrian à la tête de la région allait résoudre tous les problèmes…Une activité payante en terme de rapport de force, les premiers panneaux bilingues datent de cette époque…Cela permet de rappeler que ce n’est pas en pétitionnant et en pleurnichant pour ses subventions que l’on fait respecter ses doits linguistiques fondamentaux. C’est lui aussi qui épaulera avec d’autres une équipe de jeunes souhaitant mettre en place des cours du soir de langue Bretonne à Fougères à la fin des années quatre-vingts dix. Dés le lancement de « Gouel Broadel Ar Brezhoneg » (la fête nationale de langue Bretonne) à Karaez (puis à Speied, Louergad, Langonned…) il participera activement à son organisation matérielle, avec une bande de camarades qui comme lui se déplaçait en nombre et pour plusieurs jours de la région Fougeraise pour que cette fête revendicative soit un succès. Il n’hésitait pas pour cela à poser plusieurs jours de congé. Son engagement pour la langue Bretonne, ne s’est pas traduit que par sa participation à des manifestations festives ou de rues et elle ne s’est pas arrêté aux portes des prisons françaises où il est incarcéré de puis bientôt six ans. Il consacre une partie de son temps carcéral à l’étude  de notre langue nationale, et s’offusque lorsqu’un brittophone lui écrit en français…Avis aux amateurs. Il revendiquera d’ailleurs à la barre en juin dernier sa qualité de néo-britophone et en profitera pour se déclarer solidaire des prisonniers politiques Basques auxquelles la cour d’assises refusait le droit de s’exprimer dans leur langue.

 

 

 

Le militant ouvrier :

 

Son attachement à la justice sociale le poussera à rejoindre la CGT et a monté une section de ce syndicat dans l’entreprise de couverture pour laquelle il travaillait à la fin des années 1990. Cela lui coûtera sa place…rien que ça…son patron reconnaîtra lui devant la police française qu’il n’avait rien à reprocher à Kristian ,qu’il qualifie d’excellent travailleur, hormis son appartenance syndicale, son influence sur ses camarades qui l’apprécient tous, et sa propension à revendiquer là encore son engagement pour la Bretagne indépendante. Cela avait le mérite d’être clair…Cet employeur d’ailleurs sera condamné aux prud’hommes pour le licenciement de Kristian….On comprend qu’il préfère payer plutôt que de supporter un « lutteur » de cet acabit !

 

 

 

L’internationaliste :

Kristian, incarnation de la Bretagne rebelle et éternelle, n’en est pas moins un internationaliste conséquent. Tout jeune ,en 1975, il participera à Bayonne à la grande manifestation contre le verdict condamnant plusieurs militants des FRAP ( les jeunes maoistes du Front Révolutionnaire d’Action Prolétarienne) et d’ETA au garrot. Une époque qui le marquera. Il sera des premières délégations d’Emgann-MGI  à Barcelone dans les Pays Catalans pour construire la CONSEO (Confédération des Nations sans états d’europe), des rencontres avec les indépendantistes Polynésiens conduits par Oscar Temaru, et des multiples échanges avec la gauche nationale Basque.

 

 

 

Ce court portrait ne serait pas complet  si on ne disait un mot de sa famille qui l’aide et le soutien, et qui à son image tient bon face à la répression et ce malgré les années, les milliers kilomètres effectués pour venir le visiter en raison de son incarcération loin de son pays  et de sa famille ce qui est contraire au droit français et européen.

 

 

 

Dix sept ans de prison !

 

 

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En mars 2004 Kristian a été condamné à 11 ans de réclusion pour son engagement au sein de l’Armée Révolutionnaire Bretonne, et de nouveau à 6 ans en juin dernier (peine confondue avec la première). Il s’en est expliqué devant ses juges en évoquant et assumant son choix de la propagande armée en raison de la négation du droit national du peuple Breton à l’autodétermination. A chaque moment il a remonté le moral de ses camarades incarcérés, et sacrément relevé le niveau des débats en mars 2004 comme en juin 2005.

 

 

 

Kristian s’est engagé pour la Bretagne , pour le peuple Breton, pour l’indépendance. C’est sa fidélité à cet idéal qu’il paye aujourd’hui, puisqu’il est accessible à une libération conditionnelle refusée une première fois il y a quelques semaines….Peut être que vous ne partagez pas toutes les options qu’a choisies Kristian…mais il s’est battu pour nous,… et vous, qu’est ce que vous faites pour lui ?

 

 

 

G.R

 

 

 

 

 

 

 

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