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Petra eo ar blog-se ?

Pendant longtemps ce blog a été le blog du comité du Trégor-Goelo de la Gauche Indépendantiste Bretonne.La Gauche Indépendantiste Bretonne est en restructuration.Elle se dotera sans doute de nouveaux moyens de communication. Les anciens textes seront laissés comme archives. Ce blog devient celui de son seul animateur, par ailleurs militant de la gauche indépendantiste.Rennes le 20 octobre 2009.





E-pad pell eo bet ar blog-se hini komite Emgann bro dreger-goeloù.Emañ an tu-kleiz evit Breizh Dizalc'h oc'h en em adframmañ.Moarvat en do ar strollad nevez e doareoù kehentiñ.An testennoù kozh a chomo evel dielloù . Dont a ra ar blog mañ da vezañ adalek hiziv hini e vuhezour a chom feal da vreizh dieub ha sokialour.. Roazhon, d'an 20 a viz Here 2009.

Texte Libre

 

 

 

10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 14:08

Répression en Turquie et législation antiterroriste :Témoignage d'un militant révolutionaire de Turquie transmis par l'Association de Solidarité Prolétarienne.(Italie): http://www.solidarietaproletaria.org/asp/

Mehmet ÇÖMÜT

Remerciement à l'Opinion Publique


Chères amis, camarades ;

Le 24 octobre 2008, j'ai été arrêté à Fribourg sous prétexte que la Turquie a fait à mon encontre une "demande internationale d'extradition" par le biais d'interpol alors que j'étais de retour d'Allemagne où je me suis rendu avec un ami pour des achats puis un petit voyage. Après un mois d'incarcération dans la prison de Fribourg, j'ai été libéré le 24 Novembre.
Je suis actuellement en France et afin d'accéléré ma demande d'asile qui n'a pas encore été accépté, j'ai renouvelé mes démarches juridiques. L'un des effets fondamentaux qui ont permit ma libération est la sensibilisation de l'opinion publique et son soutien. C'est pourquoi je tiens à remercier tous mes amis et camarades qui ont porté un effort dans la campagne de soutien et dans les manifestations.
Je voudrais vous résumer ce dont j'ai vécu ces dernières années.
Ma vie politique a commencé en 1991. J'ai poursuivi la lutte pour la démocratie et la liberté dans les lieux les plus chauds du combat. J'ai été arrêté en Mai 1996. J'ai subit systématiquement la torture durant 15 jours puis ensuite j'ai été incarcéré dans la prison de Sakarya. Après un interrogatoire en torture, sans même être vu par un médecin, ils m'ont transféré à la prison avec un raport contrefait avec la notion "en bonne santé".
En 1996, j'ai participé pendant 45 jours à la grève de la faim durant le Jeûne de la Mort afin que les politiques d'isolement carcérales soient retirées. J'ai vécu en 1999 le grand tremblement de terre de Sakarya en prison. Alors que les murs de la prison pouvaient s'écrouler sur nous à tout moment, nous avons été retenue là-bas même durant mes chocs de magnitudes 3-4 qui ont suivis le séisme et c'est ensuite qu'ils nous ont transféré à la prison de Gebze.

J'ai subi dans la prison de Gebze l'opération du 19 décembre 2000 perpétré au même moment dans 20 prisons par l'Etat fascite Turc et qui a assassiné 35 humains par le biais des armes, des bombes à gaz et aussi en les brulants vifs. Par la suite, j'ai été transféré dans la prison n°1 de Tekirdag de type F. J'ai participé au Jeûne de la Mort dans lequel nous avons perdu près de cent de nos amis proches dans les prisons de type F dans lesquelles nous avons subis de la plus fortes ampleurs l'isolement et la torture. J'ai poursuivi le Jeûne de la Mort durant 193 jours. En juillet 2001, l'institut judiciaire de la santé à tenu un raport dans lequel il est dit que je suis atteint du syndrome de Wernicke-Korsakoff. C'est pourquoi j'ai été mis en liberté provisoire d'une durée de 6 mois avec une autorisation spécifique. Alors que je subissais ces évènement, mon procés se poursuivait à la 1ère Cour de Sureté de l'Etat (DGM) à Istanbul. Dans une séance le 10 octobre 2000 dont je n'ai même pas été tenu au courant, le Tribunal de Sureté de l'Etat s'est prononcé en me condamnant par l'article 146/1 du Code Pénale Turc (CPT) à l'exécution capitale qui est devenu par la suite la prison à perpétuité d'après l'article 59 du CPT.    

Durant mes 4,5 années d'incarcération, je n'ai été présenté au tribunal que 2 ou 3 fois. Je n'ai même pas été tenu au courant du jour où la decision définitive à mon encontre à été déclaré. C'est seulement lorsque l'institut judiciaire de la santé a rédigé un raport que j'ai appris le même jour (le 18 juillet 2001) que la Cour de Cassation a confirmé ma peine puis que 2 jours après le Procureur de la République de Tekirdag a décidé de me libéré pour une durée de 6 mois. J'étais donc sorti de prison. Durant une année environ, j'ai pu me faire soigner par l'effort des personnes sensibilisés et les docteurs bénévoles de la Fondation des Droits de l'Homme en Turquie (TIHV). Mais en raison du fait que je n'étais libéré que pour 6 mois, après le premier 6 mois j'ai du poursuivre mes soins en me cachant dans un lieu sûr aux côté de mes camarades.

Parce que ma situation médicale ne s'est pas rétablie et que ma vie ne se trouvait plus en securité en Turquie, je suis arrivé en novembre 2003 en France à qui j'ai demandé le statut de réfigié. En raison du fait que j'étais entré de façon irrégulière en France, j'ai été là aussi placé en détention durant 12 jours. Voilà 5 ans que le droit d'asile ne m'est pas encore été accordé. Autant dire que depuis 5 ans je suis dans un combat pour vivre et comme beaucoup de prisonniers venus en Europe, moi aussi je ne peut pas poursuivre mes examens médicaux en raison de la précarité de ma situation juridique. La raison fondamentale pour laquelle mon droit d'asile ne m'est pas accordé c'est la peine que m'a donné la Cour de Sûreté de l'Etat dans laquelle se trouve la Cour de Cassation Militaire et qui a été fermé par les lois d'adaptation à l'UE en raison du fait que ces Cours ne font pas de procés équitable. Alors que je n'ai aucun raport avec, les délits qui prennent part dans l'acte d'accusation de la Cour de Sûreté de l'Etat sont utilisé comme prétexte pour la décision internationale d'arrestation.

La police allemande m'avait arrêté le 24 octobre en s'appuyant sur les décisions du tribunal et sur les délits contrefaits par la Turquie qui ont fait en sortes que je sois recherché par Interpol. Il y a 12 délits contrefaits, tous mis sur mon dos et seulement dans 2 d'entre eux ont été trouvé un "lien avec moi". C'est justement pour cette raison que la demande faite de l'Etat allemand à la Turquie pour que cette dernière détaille les délits n'a pas trouvé de réponse durant ma détention. Compte tenu du fait qu'il n'y avait plus de raison que ma détention soit poursuivi et encore grâce à l'importante solidarité internationale, le 24 novembre 2008, j'ai été mis en libérté sans même être présenté au tribunal. Je suis de nouveau en France.

Pour conclure, le fait que la Turquie, par le biais de ses raports et décisions contrefaits, fait la "demande d'extradition" via Interpol est une inattention juridique et un vrai délit humanitaire qui touche non pas que ma vie, mais celle de plus de 200 personnes.

Le soutien international expossé via ma situation et la campagne de solidarité avec les prisonniers politiques sont des beaux exemples pour dénoncer ce délit. L'importance des campagnes organisées dans ce cadre a de nouveau été visible lors de ma libération. Je salue avec mon enthousiasme révolutionnaire tous mes amis internationaux, mes camarades et mon peuple pour sa sensibilisation lors de la campagne.         

Je remercie personnelement les organisations telles que l'ATIK, l'IMA, l'ILPS et les membres de DEKÖP-A pour leurs apports à ma libération et je leur souhaite des réussites pour la suite de leurs activités.
     
Liberté à tous les prisonniers politiques !    
     
France, le 1er décembre 2008

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