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Petra eo ar blog-se ?

Pendant longtemps ce blog a été le blog du comité du Trégor-Goelo de la Gauche Indépendantiste Bretonne.La Gauche Indépendantiste Bretonne est en restructuration.Elle se dotera sans doute de nouveaux moyens de communication. Les anciens textes seront laissés comme archives. Ce blog devient celui de son seul animateur, par ailleurs militant de la gauche indépendantiste.Rennes le 20 octobre 2009.





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Texte Libre

 

 

 

18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 11:33
Antoine RAAB
Antoine RAAB

Amis sportifs et supporters pardon de cette intrusion sur votre terrain de jeu...

Le président du stade Rennais à relancé le débat pour baptiser le stade de la route de Lorient. René Ruello conscient que le SRFC aurait tout à gagner à renouer avec son image de club de « toute la Bretagne » affirme « Nous voulons d’un club qui s’identifie bien à la Bretagne et dans lequel la Bretagne se retrouve. »

Il faut dire que lorsque l’on regarde les images de l’arrivée des joueurs Rennais en 1971 place de la mairie après leurs seconde victoire en coupe de France on est stupéfait par le nombre de Gwenn-ha-du.

Tout naturellement beaucoup on donc pensé au nom de Jean Prouff l’entraineur qui fut à l’origine des victoires en coupe de France du Stade Rennais en 1965 et 1971.

Non moins naturellement les supporters Guingampais et Nantais ont raillés le SRFC sur les réseaux sociaux en suggérant des noms pour le stade illustrant les grandes difficultés des Rennais à renouer avec ces victoires en finale de la coupe de France datant d’un autre siècle. C’est de bonne guerre…..

D’autres Rennais ont déjà suggéré « Roazhon Celtic Park » comme un clin d’œil aux ultras du Roazhon Celtic Kop.

Comme le rappel Ouest-France « Reste à savoir quelle sera la position de la Ville de Rennes à ce sujet, car elle est propriétaire du stade »…

Le stade appartient donc aux Rennais, pas aux actionnaires du stade , c’est uniquement à ce titre que je me permet de donner mon avis afin de baptiser le stade du nom d’un joueur de la sélection 1939 du Stade Rennais (qui à l’époque s ‘appelait encore Stade Rennais Université Club ) : ANTOINE RAAB.

Un joueur au destin exceptionnel !

On trouve trace de Antoine RAAB de façon assez succinte sur le site du SRFC mais c’est grâce au blog historien amateur «Treillières au Fil du Temps » que l’on peut prendre connaissance du destin de Antoine RAAB.

On y apprend que « Né 16 juillet 1913, à Francfort-sur-le-Main, il porte le maillot n° 9 de l’Eintracht-Francfort, l’un des meilleurs clubs du pays (vice-champion d’Allemagne 1932). Raab est l’un des grands espoirs du football allemand. » Il prend ensuite conscience de son antimilitarisme,et sa défiance vis à vis de l’église grandit.

Mais ses grandes capacités footballistiques l’amènent à intégrer la sélection nationale juniore allemande.

Toujours sur le site précité on peut lire ceci :

« Stuttgart 1933 : 45 000 personnes se pressent dans le stade de football pour soutenir la Mannschaft (l’équipe nationale). C’est l’équipe nationale junior qui joue en lever de rideau. Les footballeurs s’alignent au centre de la pelouse. On hisse le drapeau à croix gammée. Spectateurs et joueurs font le salut nazi, sauf un, et pas le moindre, le capitaine de l’équipe : Anton Raab. »

Cette action lui vaut une solide rancune des autorités nazies qui l’arrêtent quelques mois plsu tard et le condamne à 15 ans de forteresse. D’où il s’échappe dans des conditions rocambolesques et rejoint la France.

Hospitalisé prés de Paris le football le rattrape : « un riche malade d’origine suisse, passionné de football, reconnait le jeune inter-droit de l’Eintracht-Francfort et le prend sous sa protection, lui offre gîte et couvert et lui procure une licence pour jouer en France malgré l’opposition de la fédération allemande. Antoine Raab signe au Cercle Athlétique de Paris (le CAP) qui évolue alors en Deuxième division française."

A l’occasion d’une tournée en Bretagne où le CAP affronte Saint-Nazaire et Lorient , il intègre la Saint Pierre de Nantes puis signe à Rennes en 1939, l’équipe vient de rejoindre la 1ere division.

Les autorités Françaises défiantes vis à vis des Allemands et Autrichiens les regroupent , puis les envoient dans des usines d’armement pour certains. C’est là que Antoine Raab reprend le combat antifasciste comme le raconte le blog de Treillières « Un matin, lors du petit déjeuner, il monte sur une table du réfectoire et harangue les 250 ouvriers allemands présents : « La Liberté ou la Tyrannie ! » criet-t-il. Il termine : « Camarades, tous ceux qui sont pour Hitler et le régime vous pouvez rester ; tous ceux qui sont contre, je vous ordonne de partir ». Deux cents prennent alors avec lui le chemin de l’exode vers le sud. »

Les nazis tentent de l’arrêter à Cahors puis il rejoint Nantes où il se cache dans la famille de sa fiancée pendant 3 ans ! Mais continue son activisme antinazi malgré tout « Sur une machine à écrire il rédige des tracts à l’intention des soldats allemands stationnés dans la ville : « Camarades allemands, rentrez chez vous. Vos maisons brûlent. Vos femmes pleurent. Vos vaches sont mal nourries. Arrêtez le massacre ». Il les signe d’un « Comité Révolutionnaire des soldats allemands » dont il est l’unique membre. Le soir, il va jeter ses tracts par-dessus les murs du grand séminaire où sont logés des troupes d’occupation. » ( blog Treillières au fil du Temps )

Après la guerre il resignera au FC Nantes où il finara entraineur et directeur sportif. Il meurt en 2006. Ceux qui l’ont connut dans les tribunes lui attribue ces paroles clairvoyantes sur le football « moderne » : « On n’a pas le droit de donner autant d’argent aux footballeurs professionnels quand il y a autant de misère. Je ne peux pas être d’accord après l’éducation et les souffrances que j’ai eues » (id )

J’ai toujours été frappé par la capacité des supporters du Red Star de Saint-Ouen ( je crois qu’ils sont en D3 ) à s’approprier le glorieux passé de Rino Della Negra joueur de cette équipe membre du groupe de guérilla antifasciste « Manouchian » ce qui lui vaudra d’être fusillé par les nazis.

Comme lui Antoine Raab était « étranger » , comme beaucoup d’ « étrangers » il n’hésita pas à faire face au danger fasciste.

L’honorer d’une façon où d’une autre permettrait sans doute de célébrer de façon originale ce qui doit primer dans un stade : l’esprit de dépassement, d’équipe, de solidarité, de saine émulation, le refus du racisme et du fascisme, l'internationalisme , l'amitié entre les peuples et le refus de la loi du pognon.

Le Stade de la Beaujoire a déjà un nom : Louis Fonteneau , même si le destin de Antoine RAAB est aussi lié à Nantes , tout le monde , surtout les Rennais , peuvent se l’approprier. Ce serait un bel hommage et un beau message.

Je vote donc : Roazhon Celtic Park /Antoine RAAB et vous ?

Gael Roblin

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commentaires

Patrick Jehannin 18/01/2015 18:28

Je formule quelques propositions d'appellation du stade de la route de Lorient sur mon blog : OEB • GSHBEA - BSFCD - GCRL - http://wp.me/p3MK5Y-20N

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